Archives de février 2010
Y a-t-il un pilote…
“ Salut les gars, alors on est ready ?
- Chef ! Oui ! Chef !
- Humm ! plus fort !
- CHEF ! OUI !CHEF !
- Okay, okay, fermez les écoutilles !
- CHEF ! OUI ! CHEF !
- Et arrêtez de gueuler, j’n’entends plus la musique
- Chef. Oui. Chef.
- Alors cette écoutille
- Chef… fermée, chef.
- Haaaaaaaaaaaaaaar ! bon, loin des contingences de merde !
- « Silence »
- Ben quoi ? Ca vous surprend ?
- Chef ! oui !euh !non !euh… cheeeef ?
- « rire à la Harisson Ford qui fait son fier »
- Euh ? Chef ?
- Oui, oui, bon, whisky ?
- Chef !ici,chef !
- Hop, hop, hop… vous m’appelez CR ou CPPMA ou ADN, mais plus chef
- Chef ! Ou…
BAF
- Euh, pardon, ADN ?
- Oui ?
- C’est quoi ces titres ?
- Lesquels ? Crétin Royal, … non, gamin je plaisante… CR c’est pour Cerveau Rescue, CPPMA c’est pour, zut, j’ai oublié, mais ça va me revenir, ADN, c’est pour zut, j’ai oublié aussi… bref, je suis là pour piloter l’engin. Alors, mon tableau de bord s’il vous plaît ?
- CHEF ! euh.. PAS TAPER ! CR ! ici CR !
- Ici quoi ?
- Ben, sur le tableau de bord, le whisky à droite, les clopes à gauche, les manettes au milieu !
- AaaaaaDéhenne… Auto-Défense Nihiliste.
- Quoi ?
- Ben oui, je suis payé pour vous faire oublier votre vie de merde messieurs.
Silence
- Ben quoi, on ne répond plus
- Euh…
- Oui ! Je prends les commandes de l’engin. Alors on commence par quelques whiskys avec des pauses cigarettes au milieu et on lance la machine ! allez hop !zou ! c’est parti !
- Et vous lancez quand la machine ?
- A deux grammes
- Mais vous ne pouvez pas ?
- Comment ça je ne peux pas ? Pour aller sonder les recoins obscurs de ce cerveau en vrac être bourré comme un coing ? D’ailleurs vous êtes punis et me ferez une dissertation sur le mot coing et son orthographe exacte. Oui Môssieur ! y paraît que nous sommes gentils tout plein alors j’ai pour mission de vous bousculer et de passer à l’offensive, mais vous êtes des nouilles, les plus grosses nouilles que l’univers … hé ! avec une majuscule s’il vous plaît… que l’Univers n’ait jamais créé. Alors pour votre survie il a été décidé que le crétinisme prendrait la pole position et que son représentant, moi donc, conduirait l’engin où il s’échouera ! Haaaaaaaaaaaaa ! oui, CPPMA, c’est Crétineries Pour Pouvoir M’Aimer… Biourk, que je n’aime pas ce titre. Parez à lancer les torpilles !
- Euh ! nous ne sommes pas encore partis !
- Allez zou ! boum ! On rase gratis !
Silence…
Vous venez d’entendre le dernier enregistrement de la boîte noire du cerveau de Lederf. Si vous avez des nouvelles du sous-marin ou du pays rasé, mais surtout du sous-marin nucléaire susceptible de se promener en d’autres territoires, veuillez nous appeler au …
Félicitation et plates excuses
Cher moi,
Content de me revoir, j’espère que mon silence n’était pas empreint d’un sourd reproche envers moi-même. Je me connais, je suis capable de me faire la gueule pour un oui ou pour un non, mais c’est avec plaisir que je m’aperçois que je réécris sur ce blog resté lettre morte t que je profite de mes quelques diatribes pour m’interpeler et me rappeler que j’existe.
Oui, je sais, je sais, je sais que je sais que je suis souvent présent pour me dévoyer et peu présent pour me soutenir. Je l’ai moi-même constaté que je pouvais fuir ma présence devant l’adversité. A ma décharge, je suis assez pénible quand je broie du noir et ma pulsion assez primaire est de me protéger de moi pour m’éviter de souffrir plus ou de m’enfoncer plus profondément.
Mais là, je reviens, tel que je me connais, je me suis reconnaissant et me le serai encore plus si je m’autorisais à publier cette page sur mon blog. Oui, je me doute que j’aurai la possibilité de retoucher mon texte, me mettre en valeur plutôt que moi, mais quel en serait mon intérêt. Nul.
Alors allons-y franchement, je m’ai été insupportable, à déconnecter tous nos moyens d’échanges et de connivences, tous nos moyens de partage. Oui, j’ai été le pire de mes amis mais à ma décharge, je n’ai pas fait le journaliste voyeuriste qui aurait pu se régaler de ma déchéance. Et je remarque que nous sommes similaires moi et moi, décrivant quand l’envie d’écrire nous prend de sombres situations mais ne publiant que si nos écrits offrent une lueur d’espoir, une lueur de vie.
Je vois ! Nous sommes pareils. Le contraire m’aurait étonné, étant donné le nombre d’années que j’ai partagées avec moi. Aussi, je ne doute pas une seconde que je ne m’en veuille pas bien que mon aide en ses périodes troubles m’aurait été peut-être un peu utile pour me pousser au cul, pour me motiver, pour me montrer mes voies d’avenirs, mes envies, mes désirs.
Bref, je m’en veux de m’avoir planté, de m’avoir laissé seul sur le bord de la route et bien que cette période était trouble pour moi aussi, moi et moi aurions été mieux ensembles à lutter contre ce mal qui nous ronge de l’intérieur par période. Mais sincèrement, je ne m’aurai pas apporté un éclairage sur ma vie que je ne connaisse déjà.
Espérant que ma vie soit un peu mieux ces jours-ci, je me souhaite un bon appétit et de pouvoir partager mon prochain repas rapidement.
Moi
Dichotomie des sens
Deux lueurs de braises percent ma volonté,
Me guident sur leurs voies
Deux lèvres se fendent en un sourire, un désir,
Me portent sur leurs voix
Deux goûts suaves ruissèlent dans ma bouche,
Kidnappent tous mes sens
Deux odeurs corporelles se mélangent en moi,
Portent aux nus cette romance
Deux toi pour un plaisir, une pulsion, une passion
Deux corps entrent en fusion.
Résolutions
Et l’hiver atomique venait de se terminer. En tout point du village, nous pouvions voir le gris manteau de cendres qui recouvrait les restes de ce qui fut un monde utopique. Puis une à une les lueurs des feux des maisons percèrent les fenêtres libérées de leurs volets, puis une à une les lueurs de feux se mirent à scintiller en ce nouveau jour découvrant dans leurs danses, les ombres des troncs calcinés, des murs effondrés, les traces de ce cataclysme.
Un Lederfais osa franchir le pas de sa porte miraculeusement restée intacte. Sous ses yeux ébahis, les plasmas de l’air ionisés serpentaient dans le ciel, charriant leurs inquiétantes lumières, leurs douceurs contrastées, leurs ombres lancinantes, leurs émerveillements hypnotiques.
Un deuxième Lederfais s’osa alors à l’aventure, un pas, un deuxième sous cette voute céleste baignée dans ces faisceaux ondoyants apaisants. Ses pas le guidèrent vers la Grand place en face des vestiges de l’hôtel de ville qui n’est pas la mairie mais bien le seul hôtel de la ville.
Bientôt rejoins par ses pairs, il se statufia devant les restes d’une pancarte d’annonce de l’ancien gouvernement qui rappelait les résolutions à prendre.
Une liste de dix résolutions drastiques, contraignantes. Chacun prit le temps de les lire, de se les remémorer. Puis le vent se leva et découvrit de sa poussière la onzième qui annonçait qu’aucune de ces résolutions tu ne suivras.
Et dans un rire, chaque Lederfais entonna une chanson et une gigue digne des plus grande folies de ce siècle.
hibernation
Nu et insouciant je courrai, tête en l’air cheveux dans le vent, dans cette forêt tropicale. Chacune de mes foulées me portait plus près de ce bonheur, de cette joie transcendantale. Le terrain s’est accidenté, forçant mes muscles à puiser plus de réserves, plus d’énergie, mon trentième kilomètre. L’air s’est densifiée freinant ma course, engluant mes gestes, les branches ont jailli du sol, taclant sèchement tout désir de poursuivre. Et je chus.
A mon réveil, je me sentais enserré. Le corps plongé dans cette vase, la tête juste inclinée pour pouvoir prendre quelques goulées d’air, de cet air putride charrié par la décomposition d’une vie, j’analysais l’état de ce débris de corps, de cette pourrissante âme que j’étais devenu.
Et l’hiver de cette vie a porté ses gelées, figeant de ce blanc manteau toute cette vase, tout désir de sortir de cette situation. Dans cette prison froide, en un réflexe de survie, veines et artères se sont collabées, le cœur a ralenti sa fréquence, la vie s’est repliée en un point minuscule pour cacher à la mort rampante son existence.
Attendre un redoux, attendre que la force de vie explose, attendre que la chaleur soit suffisamment repliée sur elle-même pour s’effondrer et exploser en un big bang qui brisera la vague de froid, attendre seul, dans cette prison malodorante.
Une main tendue, une deuxième, une pioche qui fracasse cette vase, un sourire, des envies qui remontent. Tout recule, tout se range, les picotements de la chaleur regagnent doucement mes extrémités. L’odeur reste, mais je sens que je peux de nouveau bouger.
Renaître, doucement, redécouvrir les amplitudes, les mouvements, faire quelques pas prudents sur le chemin lourd de ce passé chargé, allégé par ceux qui ont toujours été là.
Nu et soucieux, j’avance une jambe sur ce nouveau sentier.