Archives de mai 2009
Les 8 mai de ma vie
8 mai 2006, au bout du rouleau, prêt à changer de vie, voilà qu’explose une bombe en moi. La fuite chez les amis, l’inquiétude et la présence bénéfique de la famille s’affirme.
8 mai 2007, une lueur, une prise de conscience apparaît lentement : vivre pour moi. Je ne remercierai jamais assez pour leur appui mes amis. Je reste encore trop proche d’eux de peur de m’effondrer, mais change doucement à tâtons.
8 mai 2008, je commence à me sentir prêt. Libre de mon passé, je me redécouvre. Fin juin mon monde explose de joie et je m’attire de nouveau, je m’intéresse de nouveau à moi, fin juillet, je redécouvre l’objet de mon amour, fin septembre, je plante mon drapeau au sommet de cet Everest de joies, de folies, sur la fin de mes doutes.
8 mai 2009, courte joie, mon nouveau monde s’effondre, je suis enseveli par un moi meurtri, incapable, se haïssant. Je fuis chez les amis, ma famille me propose de venir me soutenir,…
8 mai 2010… pourrais-je me supporter ?
Fin
L’intérieur de mon corps brûle. La lame froide qui coupe ma peau remonte les longs de mes membres, son sillon, clair sans marque d’hésitation, s’auréole de ce filet rouge qui stagne le long de la traînée. Mes deux mains attrapent enfin ma peau, tirent de chaque côté; les viscères sortent. Je sors de mon propre corps. Libération ultime d’un affrontement contre moi-même, je m’expulse, j’expulse de cette enveloppe charnelle cette vermine que je suis. Les pensées pourrissantes s’effondrent à mes pieds, en une flaque opaque putréfiée, malodorante, nauséabonde. Elles dessinent ce sourire narquois de la victoire diabolique d’un être sur un autre. La haine, la fin, la destruction systémique de soi. Je flotte près de moi-même, entre transe destructrice et repos empli de vide et de non sens. Je me regarde, coulé dans l’égout de la vie avec ce dégoût de mes envies. Dois-je continuer ? Pourquoi ?
En remontant les poubelles
Le soleil frappe ma peau, réchauffant mes pensées pendant la descente. Mes yeux, protégés du soleil par mes sourcils, se lèvent sur un paysage de verdure aux milles explosions de fleurs. Les arômes, effluves des bouquets, s’engouffrent dans mes narines, suintent dans mes poumons, s’échappent dans mon corps en une enivrante caresse intérieure.
Le chien du voisin jappe alors que j’empoigne les poubelles. Ignorant la violence ordinaire de la nature, mon regard se tourne vers la montée, mon esprit vers mes pensées. Atteindre ce bonheur, que tant rechigne à apprécier, à savourer, je ne pensais pas, je ne pensais plus pouvoir y parvenir. Conjugué aux rayons, son aura nimbe mon corps de cette radiance d’absolue sérénité. Au loin le rire, les rires percent cette armure de silence, fendent mon esprit, ajoutent cette touche finale au plat de ma vie, cinq étoiles au Guide Michelin.
De ces exquis plaisirs de la vie, un accomplissement naît en moi ; une barrière s’ouvre, libérant ses flots purs et limpides de désirs. Le pas, toujours léger pour ne pas brusquer mon corps, secouer mon âme, s’allonge pour gravir cette pente, si plaisante, si courte, mais qui m’éloigne tant de ma source de joies. L’absorption d’énergie est à son sommet quand arrive celui du chemin. L’énergie se concentre prête à exploser en une myriade d’étoiles, semant les sources de futures résurrections.
J’ouvre la porte, sa silhouette en contre-jour absorbe mon regard. Mon visage se détend, mes joues se relâche, pendant qu’un sourire se dessine sur mon visage. A pas feutrés, en une danse invisible, je vole, enivré par ce bonheur. A mesure de mon approche, l’énergie se libère en moi en des frémissements de joies, qui parcourent en une onde unique l’ensemble de mes veines. Mes bras s’ouvrent, t’enlacent, plaquent ton dos sur mon torse pour partager cette chaleur, pour rayonner en toi, pour t’entraîner dans cette danse folle, dans cette ronde qui virevolte en moi et floute le monde par ses motifs de vie et de mouvements.
Mon visage s’approche de ton cou dans cette douce folie. Un son, un mot, un seul mot, un seul petit mot, à peine susurré, à peine murmuré, à peine soufflé, pour un instant de magie gravé à jamais dans ma mémoire :
« merci ».