Archives de septembre 2008
Renaissance
Oubli contraint
29/09/2008 Comment vivre
Partiel de la nuit de vendredi à samedi
Samedi 4H45
Ô ! Je ne suis qu’un zara man. Un hurlement mental vient cogner le lobe frontal de mon crâne. J’aurais voulu être un Spiderman ou un Superman, mais non, je ne suis qu’un zara man. Qu’est-ce qu’un zara man… ben un gars qui achète des costards pas mal mais pas trop chers et qui n’a pas envie de s’embêter à parcourir quinze mille boutiques dans le but de trouver des nippes adaptées à sa fonction sociale, heum, quoique si je venais habiller en Spiderman au boulot, ça pourrait peut-être calmer les clients qui … bon bref, ce n’est pas un super héros, malgré la présence de plis sur les avant-bras de la veste, qui auraient pu être causés par le maintien serré d’un adversaire, lorsque l’ignoble Nihil Shark a tenté en vain de connaître ma véritable identité.
Les bras de ses sbires, gros comme des pattes d’un éléphant boulimique, s’étaient refermés sur moi, plaquant mes bras, gros comme des pattes de fourmis anorexiques, contre mon torse. La compression de mes poumons était telle que le souffle qui s’expulsa de mes poumons le fit à une vitesse supérieure à celle du son et que, l’analyse chimique l’ayant démontré un peu plus tard lors de l’autopsie, la charge d’agents chimiques incluse dans l’air vicié de ma cage thoracique aidant, je vis deux de mes adversaires s’effondraient sur le sol bitumeux du trottoir. Nonobstant la jubilation d’en avoir mis deux à terre, ma situation se dégradait à vue d’œil, mais pas du mien, car je ne pouvais que ressentir cet étouffement, alors que l’œil d’une tierce personne aurait sûrement décelé un début d’apoplexie en voyant ma peau bleuir tandis que ma bouche formait des voyelles insonores dans le but ultime d’aspirer un peu de cet air si précieux à la survie de l’espèce humaine.
Mes yeux ayant doublé de volume, rougi par l’effort et embués par l’arrivée des larmes de désespoir, ne devinèrent dans un premier que deux silhouettes informes qui s’approchèrent de moi d’un pas lent et feutré. Le manque d’oxygène entraînant la perte de la domination de mon corps, les spasmes commencèrent à envahir ce qui allait devenir ma carcasse. La ténébreuse blonde, pas si ténébreuse puisqu’elle illuminait le ciel étoilée de son aura, mais bon, je préfère les ténébreuses, et le ténébreux brun, qui obscurcissait le ciel de son aura putride et malvéolante éclatèrent d’un rire en harmonie et approchèrent leurs bras de ce qui protégeait mon identité secrète, mes lunettes.
Ces lunettes qui sous l’effet des spasmes et de la géométrie globuleuse de mes yeux du fait d’un traitement inhumain, s’éjectèrent de mon visage pour aller, branche en avant, se planter dans l’œil du ténébreux brun qui auréolait l’atmosphère de relents méphitiques. Son sbire, alerté par les cris de rages de son patron, tendit un bras pour venir à sa rescousse, et l’air put pénétrer dans mes poumons. Geste salvateur s’il en fut, je secouai ma tête en profitant de cette bouffée de liberté et broyai au passage le nez, aussi éléphantesque que ses bras, de l’homme de main de Nihil Shark. En une fraction de seconde, je me retournai et écrasai la trompe de mon adversaire, surpris par la vitesse et effrayé à la vue de mes deux yeux nus de lunettes et qui n’avaient encore recouvré leur apparence d’avant l’asphyxie, lui attrapai ses deux oreilles et en profitai pour lui remontai le visage, ce qui eut pour effet de lui rompre sa trompe. Babar au sol, Nihil Shark s’enfuit, jetant dans mes bras la silhouette blonde afin de me ralentir. D’un sourire gêné, elle me demanda si je pouvais lui prêter ma veste car le froid se faisait mordant. Voyant que toute poursuite du vilain serait vaine, je m’exécutai.
« - Ô vous êtes un Zara man… avec des manches froissées.
- Ce n’est pas grave j’en ai un deuxième.
Mon explication fut donc moins poétique.
Samedi 4H46
Petit courrier entre amis
Cher moi,
Je n’ai pas eu de mes nouvelles depuis plus d’un mois et je m’inquiète.
Si je veux faire survivre ce blog et mes envolées scribouillardes, je dois me forcer à rédiger des posts. Je sais, je sais, je me dirais que c’est facile pour moi de donner ce genre de conseil alors que je ne rédige pas de blog. Je m’y mettrai peut-être un jour, mais là c’est de moi qu’on parle. Alors je me prodigue un conseil, que je continue d’écrire. Si je veux, je peux m’envoyer des lettres le temps que l’inspiration me revienne, comme ça je me publie, et les gens pensent que c’est moi qui griffonne des mots… Je pige le truc ?
Je suis sûr qu’avec mon esprit tordu je comprendrai ma propre logique.
Alors voici un petit texte pour moi :
Je l’ai entendue m’appeler et sa voix ne cesse de résonner dans ce qui me reste de pensées dans ce qui me reste de volonté. Je l’ai vue doucement sombrer à moi elle se retenait en une dernière caresse qui me harcèle sans cesse. Je l’ai sentie apeurée puis son corps s’est voilé et cette douce caresse qui le soir me blesse…Si je fais un copier/coller, il faudra que je pense à enlever ma lettre autour pour que mes lecteurs croient que c’est moi qui ai écrit.
Je m’embrasse et à bientôt


