Lederf’s Weblog

Journal d’une recherche

17 Juillet 2008 enjeu

avec un commentaire

Vide. La vague de la routine s’écrase sur mon esprit et m’entraîne dans une danse où les pas s’assemblent et se ressemblent sur un chemin sans retour.

Six heure et demi, j’ouvre un œil, puis un deuxième, mon bras, mécaniquement, se tend pour lancer le café. Une tasse. La couette tombe, je m’assieds. Quelques minutes dans le silence de mon esprit, les pieds au sol, l’arrière train sur le lit. Les pensées se forment, en une spirale, s’organisant, pointant les éléments de la check-list. La radio souffle le son d’une musique, dont les paroles ne percent pas les murs de ma mémoire. Lumière, une deuxième tasse. Une cigarette. Un regard embrumé sur les réveils, sept heure. Bouarf, va falloir se secouer. Encore dix minutes et je bascule mon corps en avant, réussissant miraculeusement à le lever. Mes pieds me traînent devant la douche. Un soupir s’échappe, une envie d’un bain agite en moi le désir de changer d’appartement. L’eau ruisselle maintenant sur mon enveloppe charnelle, son énergie traverse les dernières volutes du brouillard cérébral, les pensées s’organisent, plus cohérentes, moins dispersées. Je peux les attaquer une par une, laissant les “sans réponses possibles” de côté, laissant les “la réponse viendra après” enregistrer les tâches à accomplir, focalisant celles qui m’entraînent dans d’autres questions, ouvrant le registre des infinies interrogations.

Où est donc passé cet appétit si soudain qui m’a pris il y a trois semaines ? Enfui, dans les mondes des possibles délaissés, dans ces limbes où leurs ondes seront à jamais vibrantes mais oubliées. Qu’a-t-il fallu de spécial pour que cette transe vrombisse en moi ? Un peu de sport, du canoë, où, sans être excellent, je n’étais pas mauvais, ma compagne sur le bateau, jolie, intéressante, avec qui j’ai pu discuter, une journée loin des habitudes, l’inconscient d’un avenir de réussites professionnels redorant, pour moi seul, le blason de mon statut social au sein de l’entreprise, une journée ensoleillée, une journée durant laquelle j’ai coupé mon portable, non pas qu’il sonne souvent, mais que je ne l’avais pas fait plus de deux heures d’affiler depuis bien longtemps. Des raisons personnelles, j’en ai mille et toutes conjuguées, elles ont fait monter en moi cette énergie qui perce l’armure de nos corps. Est-ce que je les étudie une à une ? Plus tard. Elle ne m’aurait pas parlé, elle s’en serait allée avec les images de la beauté intouchable. Elle m’a parlé, pris en traître sur les possibles de ma vie, les enchères sont montées dans mon esprit, brouillant mes cartes, aspergeant de leurs brumes opaques la cohésion des mondes qui peuplent mon esprit, m’empêchant de prendre pieds dans cette réalité. L’enjeu. Voilà sur quoi je dois travailler : Ne pas se laisser impressionner par l’enjeu.

Il est temps de poursuivre cette journée, sans enjeu, sans cette énergie qui brille au fond de moi.

Rédigé par lederf

17 juillet 2008 à 6:34

Publié dans RECHERCHE

Une réponse

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  1. salut fred
    je ne connaissais ton blog (ce mot blog est vraiment horrible, d’etymologie talonite, provenant de bluuuuuurg c a d une invocation qui vient du plus profond de l estomac).
    Enfin, je ne connaissais pas non plus tes inspirations poetiques qui ici prennent une forme plus intime et donc plus authentique et interessante,voir talentueuse.
    Je dois avouer que mes journées ne commence pas du tout de la même maniere:
    lever à 4h30 par un chant de coucou numerisé,sortie du lit immediate mais paisiblement.Pas de douche le matin.Direction les wc pour un beau pipi , puis la cuisine,lumiere tamisée.L ambiance est silencieuse, sereine,on laisse le corps accomplir tout les gestes quotidiens ,sans trop faire intervenir le mental:bol,thé vert,pain confiture (pas de clope!).
    Apres s être occuper du corps c’est au tour de mon esprit: qlq mouvements de tai chi puis une meditation de qlq minutes avec eventuellement qlq mantras pour sentir vibrer tout mon enveloppe corporelle, ahhhh ca fait du bien.
    bon, il est 5h00, fo aller se debarbouiller et se raser (sinon le chef sera pas content),apres on s’habille (et oui je suis encore en caleçon).
    Ca y est je suis pret ! Un bisou à ma douce épouse et je part silencieusement chercher mon velo.9km en bicyclette ca fait du bien, en + le matin il n y a pas de voiture.
    bonne journée!

    cyril

    19 juillet 2008 à 9:56


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