6 Juillet 2008 Autisme
J’attends sur le quai, balladeur branché, le cordon rejoignant mes oreilles, un livre dans la poche, prêt à être dégainé, pour me plonger dans des aventures autres que les miennes, le regard plongé vers la voie. Et je la vois arriver, ralentissant la cadence à mon approche. Un geste, je la touche, elle s’ouvre et je m’engouffre dans la brèche béante, créée par le promptitude de mon acte. Ha que j’ai attendue longuement ce moment, où la rame de métro arrive. Je m’installe sur une place libre, dégaine mon livre et me plonge dans cet univers, isolé des bruits par la musique, des regards par le livre. Fermé à ce monde grouillant de bruits, de mouvements, je me laisse transporter par le métro à cette destination pour aller chez un ami.
“I stop the world and melt with you”, ce que j’aurai aimé. Les mots du livre n’atteignant pas mon cerveau, je suis plongé dans mon île intérieure. On est samedi soir, la fièvre a repris. Serait-ce l’approche de ce dimanche ? Je m’enfuis de Paris pour retrouver un ami, passer la soirée avec lui, digresser sur la technologie, sur les rapports humains, se vider l’esprit; ta présence me suit, me pourchasse, me traque jusqu’au plus profond des puits des métro, jusqu’au plus profond de mes pensées.
Dimanche, retour à la “maison”. Je flotte. L’environnement extérieur fond sur le bouclier de mes pensées et finit par contourner cette coque. Même les bruits sont atténués, cotonneux. Mes pas me portent, programmés et mus par une force extérieure à ma volonté, sétouffant à chaque contact avec le sol. Je flotte. Rien ne m’atteind, rien ne me touche, rien, ma présence est étrangère à ce monde et ce monde m’est étranger, seul le temps qui passe de ma venue à la gare ce soir me relie à ce monde.
Dans la poche de mon blouson, qui devrait quand même être lavé, un billet de train se promène. Je le sors : le billet pris quinze jour plus tôt. L’air devient électrique, j’achète n’importe quoi sur le marché. Je n’ai jamais acheté d’un seul coup autant de légumes de ma vie.
Check list, pantalon ok, chaussures, ok, T-shirt, ok, blouson, ok, casquette, ok, bien que je l’ai lavée le soir de notre rencontre, l’eau de l’Eure ne me paraissant pas la meilleure des lotions à appliquer quotidiennement à mon cuir chevelu. Je partirai sans le lecteur MP3… je prendrai quand même le livre, entre deux trains, le temps est long parfois.
Dernière ligne droite, denière chance, pour te retrouver toi qui m’a tant ému. Il faudra que je prenne le temps de me recentrer sur moi, pour recommencer, fort de la leçon que tu m’as donnée.
A ce soir, le destin ne peut être aussi cruel… mais je ne crois pas au destin.
et a la synchronicite tu y crois ???
(non je ne suis pas rentré, je fais mon geek)
iolo
6 juillet 2008 à 1:12
Ben, non… désolé…
Peut-être que j’y croirai ce soir, à moins que je ne me mette à croire en un Dieu ou plusieurs Dieux, mais, non, je ne crois pas en ce genre de chose.
Geek bien et à bientôt
lederf
6 juillet 2008 à 1:20