06/07/2008 Paris : Saint-Lazare
« Bonjour
- euh…, le rouge de la fièvre marque ma peau, une bombe vient d’exploser dans ma tête, les neurones dansent en transe dans mon cerveau.
- Euh, répète-je, bonjour !
- Comment vont les coups de soleil ?
- Eux ? -vous noterez que j’ai changé de euh- bien ! C’est le sommeil qui me manque…
Un silence s’installe et je reprends
- … depuis que je vous ai rencontrée.
Un sourire, je reconnais enfin son visage.
Et je reprends, la conversation
- Je vous ai cherchée et je voudrais au moins boire un café avec vous, vous connaître. Je suis ici en bout de quai pour cela…
- Si vous voulez, mais je dois m’occuper de ma fille, je peux vous contacter ?
- Oui, tenez, ma carte, attendez, je vais vous écrire dessus mes coordonnées perso. Euh… sans vous mentir, je vous appelle Hiroshima depuis quinze jours, auriez-vous un autre nom que je puisse vous donner ?
- Joséphine
- Euh, non Solenne
- Euh, non, Kriss de Valnor
Arrrrrrrrrrrrrrgh, cerveau qui bute sur cette information que j’aurai dû demander il y a quinze jours, la machine est embrouillée… et je rentre bredouille de Saint-Lazare. Une seule aurait pu lui ressembler, un doute le temps d’une seconde qui m’a paru une éternité, m’a étrenné, poussant mon corps dans un précipice de folie, le cœur affolé, la respiration saccadée, mais non, ce n’était pas elle.
Voilà, je rentre seul, désappointé, réfléchissant aux instants de la vie à ces multitudes de choix que chaque instant nous faisons, dois-je marcher plus vite, dois-je tourner à droite, traverser, me laisser guider par les feux verts… dois-je retourner dans quinze jours sur les quais pour tenter une fois encore, vainement de la revoir, de lui parler. Dois-je stopper ce blog, ouvrir une autre page, autre que cette recherche obnubilante qui m’entraîne dans des tourbillons de pensées, plonge mon corps dans cette couette duveteuse, étouffante, me rendant prisonnier de mes pulsions, de mes envies, alimente sans cesse, sans, suite, ce blog d’articles qui ne seront lus que par les amis proches…
On m’a dit un jour de ne rien jeter, alors je ne le fermerai pas, j’essaierai juste dans mon cerveau de fermer une parenthèse, agréable et stimulante, et sur le tiroir de cette case, je mettrai comme étiquette en gros, en rouge, en surligné : « gros con, la prochaine fois parle »