Archives de juillet 2008
30 Juillet 2008 Chausse trappe NANS
Ce que j’ai en moi est un combat, fait de dichotomies. L’ensemble des cellules de mon corps réclament cette action rapidement, violemment, l’ensemble de mon cortex cérébral me freine. Enfin, une partie de cet ensemble cérébral me freine, divisé par un passé présent et des avenirs désirés, désuni par l’envie de certitudes et la volonté d’agir promptement, avec les tambours du « no zob in job » qui martèlent sans cesse le rythme de mes pensées et les pensées qui rythment les silences saccadés du « vivre par, pour et dans mes rêves ».
S’attaquer à la forteresse de la famille me contraint à prendre mille précautions, à feutrer mes pas, à ajuster mes gestes comme si j’entrai dans un magasin de porcelaine trop étroit, non pas pour me cacher, fuir et tenir à distance cet havre, mais pour me l’approprier, m’y faire adopter puis le protéger et le développer. Rien en moi ne craint cette aventure, tout en moi me fait craindre de la gâcher par les actes que je peux entreprendre ; ces atomiques décisions qui forment de longues chaînes moléculaires qui s’enlacent et se lovent les unes dans les autres, formant des complexes fragiles, balisant les chemins de multiples ramifications dans lesquelles je me perds en risquant de détruire de mes gros doigts éthérés leurs liants. Nul guide autre que les conseils de personnes qui elles n’ont rien à perdre. Nul guide autre que mon histoire qui me tétanise. Nul guide autre que mes désirs…
29 juillet 2008 courrier egocentrique
Cher moi,
Je suis désolé de ne pas m’avoir donné de nouvelles plus tôt, mais je ne m’en avais pas donné non plus. Hier au soir, j’ai découvert mon blog et je suis content que mes sentiments et mes délires soient revenus. Je me fais parvenir ce courrier via mon mail, parce que je souhaite que je ne publie ce commentaire qu’après mon accord. Ne m’en sens pas obligé.
De mon côté je me suis perdu et j’ai aussi perdu mes coordonnées coupant les ponts avec moi. Je m’ai donc perdu de vue. Bien sûr, j’ai eu de mes nouvelles, souvent par pensée-dire et j’ai compris mon besoin que j’avais de prendre mon temps pour me retrouver et par là même nous retrouver.
Mais je suis assez content du travail accompli sur moi-même et sans passer par un psy. Mais que je prenne gare à mes sournoises rechutes, c’est tout ce que je me souhaite. De mon expérience, je sais qu’il sort parfois de coups tordus de dernière minute voire seconde alors je m’en supplie, méfie moi, des tournants, des virages abruptes, surtout des décisions que j’ai tendance à prendre dans la précipitation.
Allez, je ne m’ai jamais oublié
Je m’embrasse.
Moi
PS: J’ai mes coordonnées maintenant, alors que je pense à m’écrire et à me donner de mes nouvelles de temps en temps, je serai heureux aussi de boire un café avec moi comme dans le bon vieux temps, j’ai cru comprendre que je n’habitais pas trop loin de chez moi
28 Juillet 2008 I am an …
Un semblant d’accalmie.
Les flux des eaux troubles du Nord ont pu être canalisés pour un temps dans les crastes -sortes de gros fossés destinés à conduire l’eau afin de drainer les sols- construites à la hâte mais de façon rationnelle, ce qui a induit des efforts supplémentaires, une stimulation permanente des forces en présence, une désorganisation des routines, mais surtout une atténuation flagrante de la capacité à trouver le sommeil.
Les neurones anarcho-non-syndiqués ont pensé en ces temps de grands chantiers à une nouvelle prise de pouvoir, mais ils ont bien compris que l’équilibre du village était trop vacillant et qu’une action aurait pu plonger dans la folie tout ce beau monde. Cependant, profitant de leur temps de parole acquis durant de précédents combats qui était en fait un leurre pour reprendre du pouvoir et montrer que les désirs étaient toujours présents, les NANS ont donc instillé, lors de la négociation de la condition de leur aide en échange de la prise en compte des préoccupations plus animales des Lederfais, des rumeurs d’actions sur le plus gros barrage du Sud du moment. Ce barrage, il est vrai, se remplit à une vitesse si prodigieuse qu’en seulement quelques heures, il déborde déjà, semant au gré du vent ses effluves odorantes, enivrant les Lederfais qui se détournent de leurs tâches.
La rumeur d’une action a enflé et le bien-être qu’apporterait ce chantier à l’ensemble de la communauté mobilise de nouveau toutes les forces du village, détournant leurs attentions de la surveillance des crastes. Mille et un plans d’actions se mettent en branle pour débroussailler le terrain, planifier l’arrivée de ses eaux au doux parfum chargé de phéromones, pour poser sur la commune ce climat serein et bénéfique tant attendu, avec pour cahier des charges le besoin de satisfaire l’ensemble des habitants de ces eaux douces et hypnotisantes.
Certains préconisent de garder la tête froide, d’autres d’agir sans tarder, et nous commençons à entendre des voix qui alertent sur les remontées des eaux du Nord.
Nous vivons actuellement une sorte d’état de siège, dans lequel, en permanence, des assauts, encore non coordonnés, surgissent de toutes parts, du Nord, du Sud, de l’Ouest. La plus grande crainte étant que les forces en présence s’allient et s’approprient l’aide de certains Lederfais pour lancer dans un combat l’ensemble de leurs armadas.
Cette trêve, certes, nous permet enfin de pouvoir souffler un peu, mais déjà, sous la pression des NANS, nous sentons qu’elle sera de courte durée et que les épreuves à venir seront dignes des plus grandes épopées de notre histoire.
Lederfais, Lederfaises, notre gouvernement actuel lance un message d’alerte, après avoir placé le plan vigilance au degrés le plus haut, il nous demande de rationaliser nos actes, de ne pas écouter les discours sur un bien-être quelconque pouvant provenir des rives de Sixmillerêves et surtout de se focaliser de nouveau sur les sites des berges de Réalitédemerde.
Lederfais, Lederfaises, je vous en conjure, nous vivons dans l’obscurantisme de ce gouvernement, et la platitude de notre routine doit être troublée et des élans, tant patriotiques qu’issus de ce besoin de vivre, doivent être poussés à leurs paroxysmes. Ne vous…
On frappe à ma porte, je suis désolé de ne pouvoir continuer, mais je sens que… Il faut que j’envoie le texte, les SAL (Secret Agency of Lederf) viennent de défoncer la porte de mon appartement.
Le salut ne viendra que d’un renouveau des pulsions primaires ! Arrêtez les barrages, laissez vous porter par les flots ! Tuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu, Fin de transmission.
24 Juillet 2008 Des chats aux pompiers
Ce matin, arrivé très tôt au boulot – ben, oui, j’ai beaucoup de mal à dormir en ce moment, les digues ont laché et donc c’est comme ça depuis plus de dix jours – j’ai commencé la journée en disant bonjour aux gens que je croise pour me diriger devant mon ordinateur, puis, après un café, j’ai géré, les “petites” tâches -vous savez la boue – qui prennent peu de temps et qui polluent mail professionnels et les élans lors de tâches plus longues. J’en aurai d’autres à venir, elles reviennent toujours, différentes, mais toujours. Bref, je retourne donc à la suite de mes salutations auprès de mes camarades quand surprise ! j’aperçois un chat. Un tout mimi chat pas plus grand que le creu de mes deux mains au dix neufs doigts, qui crapahute sur un bureau. Mais pourquoi devient-on gaga quand on voit ces mimi bestioles, maladroites et curieuses ? Toujours est-il que tout le monde avait le sourire, faisait attention à ne pas faire de bruit pour ne pas l’effrayer, venait de temps en temps voir comment il se comportait, etc. etc. Si jeune et déjà au boulot… Nos futurs retraites sont assurées si on embauche des animaux. Je m’égare. Bref, sa présence a couvert la journée des gens au seins de la société d’un drap de bonheur, d’insouciance, de bienveillance envers autrui. Une mascotte.
Vers 11heure, j’ai quand même dû aller à mon rendez-vous, durant lequel je pense que nous avons bien commencé à colmater quelques unes des fissures d’une des digues du Nord… Vais-je bien dormir ?… ainsi que bien amorcé le travail de fond sur une des digues du Sud.
Retour 20H30, à la maison. Et là de nouvelles digues ont lâchés lorsque frappant fort à la porte des voisins, des pompiers étaient à la recherche d’une personne les ayant appelés. Le temps de mettre un pantalon, il fait chaud et je suis donc sans pantalon chez moi, les voilà qui cognent à ma porte. J’ouvre et leur dis que je n’ai pas appelé et que je ne sais qui l’a fait. Fermant la porte, les énormes barrages de l’ouest ont explosé, entraînant leur flot de souvenirs sur ma commune…
Vite ! se réfugier dans le chat.
22 Juillet 2008 Géographie
Petite pause dans le village “Lederf”, classé au guide Michelin, comme hâvre de pets… euh de paix. Les Lederfais sont en général souriants, bien que la généralité n’est jamais fait preuve d’une coutume ou de l’ensemble des êtres. Dans ce village traversé par la rivière sixmillesrêves et le fleuve réalitédemerde, nous pouvons apercevoir diverses zones géographiques. Le sud, se situant au sud de la rivière sixmillesrêves, est une zone semi-urbaine en constant renouvellement, dans laquelle il est si facile de se perdre. Au nord, au nord du fleuve réalitédemerde, nous avons un complexe industriel, dans lequel il est dur de respirer, d’avancer, sans suffoquer ou trébucher sur les déchets et les pièges de tous les jours. Au centre de ce village, entre la rivière et le fleuve nous avons une ville, un peu chaotique, qui évolue au fil des prises de pouvoirs des habitants du sud ou de ceux du nord, ceux du sud, prétendant être au nord, il est intéressant de noter que les milices de chaque zone géographique se perdent et se confondent parfois l’une et l’autre, affrontant, dans d’épiques combats, ceux de leurs propres zones géographiques.
Dans le coeur de la ville, nous trouvons l’hôtel de ville, qui s’appelle ainsi car c’est véritablement le seul hôtel de la ville. Il se trouve juste en face de la mairie, désertée depuis belle lurette, tant la direction de ce village semble échapper à tout fonctionnement rationnel. Or donc, dans cet hôtel, l’accueil est réalisé par des gens serviables…
… Mais qu’entendons-nous?… Un sourd grondement provenant des flancs des montagnes si proches et si abruptes, que les Lederfais ne puissent s’enfuir de leur village sans prendre des risques inconsidérés.
Avant, que ces grondements ne couvrent ma voix et ne me permettent plus de vous narrer la vie paisible dans ce village, si tranquille d’ordinaire, il faut que je vous parle de coutumes Lederfaises. En effet, ces habitants ont pour habitude de construire des digues, qui se regorgent et forment des lacs de choses, comme le travail, les émotions, etc. Et voilà que par période, l’une d’elle se fend et déverse son contenu sur le village, donnant du stress, de l’agitation, de la vigueur à tous les habitants qui en une rare communion, s’élancent vers l’ensemble des tâches à accomplir pour sauver “Lederf” et lui éviter trop de remous.
Mais que vois-je ? Deux énoooooooormes vagues viennent de poindre au nord est et au nord ouest. Si énormes que les forces de tous les villageois risquent de ne pas être suffisantes pour enpêcher l’effondrement complet du village. Déjà prévenus par des fissures dans les deux gigantesques barrages, les traits des villageois sont tirés par le manque de sommeil. Voilà que les Lederfais du sud (ce sera notre convention) arrivent en renfort, bien qu’ils réchappent d’une lutte titanesque face à une brèche qui s’est ouverte béamment (désolé) voilà quatre semaines. Les Lederfais du centre sont appelés en renfort, eux qui ont l’habitude de s’enfuir dans des mondes d’autres auteurs afin d’échaffauder d’autres mondes, d’autres hypothèses, ils semblent bien qu’ils ne seront pas de trop. Mais ! mais ! quand j’arrête de parler, j’entends des grondements venant aussi des affluents nordiques, des petites pointes avec leurs inondations qui font que nos pieds nagent déjà dans la gadoue. Ce qui est plus inquiétant encore est qu’il semble que des digues au Sud se fissurent, relarguant avec elles des effluves de phéromones qui font tourner en rond les Lederfais.
Mes amis, je pense qu’il va falloir que je vous laisse quelques temps, les deux titanesques vagues sont à quelques secondes de se fracasser sur les premières fortifications Lederfaises, les eaux boueuses des tâches quotidiennes engluent déjà mes jambes, et les effluves, sûrement méphitiques, du Sud envahissent mon être, me poussant à danser alors que je devrais participer à l’ambiance collective qui, il me semble tourne à la panique.
Où donner de la tête alors que bloublougbloug, blougblougbloug, uhhhhhhhhhhh…
Haaaa, vivement les vacances, que seuls ceux du Sud nous emmerdent.
19 Juillet 2008 Souvenirs
Aujourd’hui, faisant du rangement, je me suis penché sur les textes que j’avais pu écrire par le passé et qui se retrouvent dans le tréfond de la mémoire de mon ordinateur. Celui-ci m’a parlé… il y en a qui font des rêves prémonitoires, pour moi, ce sont des écrits…
“
Aujourd’hui 4 mai 1995, regardant cette plage, en marge de mes pensées, écrasé par la chaleur, je laisse là mon travail. Le sable, sous mes pieds, crisse à chacun de mes pas. Ceux-ci m’éloignant des cocotiers qui abritent du soleil mes affaires. La fraîcheur de l’eau commence à se faire sentir dans le sable. Toujours pas un nuage. Puis dans une course folle, mes jambes me portent. Le sable fatiguant mon corps. Puis vient l’eau. Agréable, rafraîchissante. Si agréable qu’on la sent à peine. Si rafraîchissante que mon esprit m’ordonne de toujours aller, de plonger. Dans ma course, l’eau monte. D’abord sur mes pieds, éclaboussant légèrement la jolie rousse qui se promène sur la plage, puis sur les tibias manquant de me faire trébucher à chaque pas. Une vague, deux vagues. Le plus dur est maintenant dans l’eau. Plus que le ventre, le torse, la tête et les bras. Plonge hurle mes pensées à mon esprit, à mon corps. Tout sourire, dans la vague déferlante, ralenti par le sable, par l’eau, par la chaleur, mes deux jambes me propulsent. Frais. Ma tête ressort de l’eau se secouant par bonheur de sentir cette eau couler, voler dans les airs. Mon visage rit. Nous sommes deux. Elle.
Elle qui semblait venir de si loin avec ses pas déterminés mais rêveurs, avec ses cheveux face au vent, avec ce regard si interrogateur sur ce paradis, cette eau, ce soleil, vient de plonger. Son corps aux lignes si splendides qu’on les croiraient d’Aphrodite glisse dans ce palais de la fraîcheur. Lorsque son corps ressort de l’eau comme poussé par les flots, mes yeux, mon coeur, mes pensées, mon corps, mon esprit, sont pour Elle. Ces yeux verts viennent à la rencontre de mon regard. Son sourire est une ode à ma timidité. Elle plonge. La chaleur.
Transpercé par ce regard, condamné à rêver, la chaleur est montée. Mon coeur s’est enflammé, mon cerveau a grillé, mes yeux trop éblouis se sont refermés. Si ce n’est cette vague venue voilé la rougeur de mon visage, le désir de mes yeux, le paysage, le temps, le monde semblent s’être arrêtés sur cet instant, sur mes pensées, sur ma pensée: tout ce que je pourrai penser, dire ou lui offrir ne sera digne de sa beauté, de ses grâces. Nage.
Comme un requin, feignant d’ignorer mes envies, en cercle autour de celle qui occupe mon esprit, nage. Le courant, les vagues, mon coeur, mon esprit semblent irrémédiablement m’approcher d’elle. Ô doux et suave réconfort de ne savoir d’elle que son apparence. Ô tuante et révoltante gène que de ne rien savoir d’elle à part son attirante beauté. Mon esprit nage dans cette eau de troubles en quête d’un sujet, d’un objet ou d’une manière qui me permettrait de lui parler sans être moi-même, un humain mais en étant moi-même, le poète, le clochard, le romantique, le rêveur. Regard.
De nouveau mes yeux se rendent compte de ce sourire lancé lorsque nos regards se croisent. Mon esprit n’avait jamais voulu la perdre et mon corps avait tout fait pour ne pas l’oublier. Il la regarde et ne peux ou ne veux l’empêcher. Comme pour échapper à ce regard qui doit lui paraître lourd et insistant, elle plonge laissant ses cheveux flotter le temps de les voir disparaître dans les tourbillons du rêve. Seul.
Mon esprit s’affole, mon coeur bat à tout rompre, mon corps sue de désespoir, mes yeux pleurent, ma respiration est haletante, où est-elle? Pourquoi ne pas l’avoir abordée? Pourquoi ne pas s’être présenté? Pourquoi ne pas avoir essayé? Elle me manque et je la cherche du regard, de l’esprit, de mes autres sens. Rien. La peur, l’amour. Vide. Comme un enfant qui perd ses rêves, je ne bouge plus. Je pleure. Elle me manque, elle qui vient de partir et que je n’ai vue que trop peu de temps. L’horreur de ma vie, les rêves de ce que j’aurais pu, de ce que j’aurais du faire m’envahit. Sauvé.
Là, sur la plage, étendue elle se laisse caresser par les vagues. Seul l’écume de la mer l’habille. Son regard se pose sur moi. Elle me connaît. Toute ma peur de la perdre récite ce poème enfoui au fond de mes rêves mais destiné à celle que j’aime. Surprise, elle retourne dans l’eau. Sa voix d’ange me parle. Sa nage m’offre une danse. Sa main prend ma main. Son regard prend mon regard. Ses lèvres prennent mes lèvres. Je suis un rêve, son rêve et elle, est le mien. Pas un mot pour entendre sa voix, son esprit, pas un mot pour se comprendre. Elle se détache de mes lèvres, plonge son regard dans le mien, sourit pour vaincre sa timidité pour cacher le rouge de ses joues. Elle pose son visage contre le mien. Son menton sur mon épaule, sa joue contre ma joue. Nos pensées, nos esprits, nos corps se parlent dans ce langage si discret qui fait que nous nous comprenons. Sans appui sur le sable, les vagues bercent nos corps. Le monde semblent s’être effondré pour nous laisser seul avec nos rêves. Elle se relève, se détache, m’embrasse. Nous coulons. Nous nageons. Plus besoin de rêver, mon rêve me tient par la main, m’entraîne dans son royaume. Vies.
D’autres personnes sont là. Je les sens. Elle s’en effraie mais je veux la protéger. Ils descendent. Le poulpe m’accroche la jambe et me tire, m’entraînant vers les fonds. Elle tente de me retenir mais ils sont à son niveau. Ils l’attachent de fers de mathématiques, mécaniques, physiques, ils lui donnent des lois pour la torturer, la faire souffrir mais je m’enfonce et ne peux plus lutter. L’air me manque pourtant il est chaud. Trop chaud.
Aujourd’hui 4 mai 1995, j’ai perdu mes rêves, mon rêve, dans ce pays si froid. Pourtant, je me revois rêvant d’un jeune écrivant sur un cahier avec des crayons posés à coté, comme maintenant. Rêvant de ce qui détruit mes rêves. Un jour, je reviendrai te trouver et détruirai ces réalités pour sauver celle que j’aime et dont je continue de rêver. Elle.”
Voilà pour aujourd’hui, en gros fainéant, je ne fais pas dans l’originalité, je pompe dans mon passé.
17 Juillet 2008 enjeu
Vide. La vague de la routine s’écrase sur mon esprit et m’entraîne dans une danse où les pas s’assemblent et se ressemblent sur un chemin sans retour.
Six heure et demi, j’ouvre un œil, puis un deuxième, mon bras, mécaniquement, se tend pour lancer le café. Une tasse. La couette tombe, je m’assieds. Quelques minutes dans le silence de mon esprit, les pieds au sol, l’arrière train sur le lit. Les pensées se forment, en une spirale, s’organisant, pointant les éléments de la check-list. La radio souffle le son d’une musique, dont les paroles ne percent pas les murs de ma mémoire. Lumière, une deuxième tasse. Une cigarette. Un regard embrumé sur les réveils, sept heure. Bouarf, va falloir se secouer. Encore dix minutes et je bascule mon corps en avant, réussissant miraculeusement à le lever. Mes pieds me traînent devant la douche. Un soupir s’échappe, une envie d’un bain agite en moi le désir de changer d’appartement. L’eau ruisselle maintenant sur mon enveloppe charnelle, son énergie traverse les dernières volutes du brouillard cérébral, les pensées s’organisent, plus cohérentes, moins dispersées. Je peux les attaquer une par une, laissant les “sans réponses possibles” de côté, laissant les “la réponse viendra après” enregistrer les tâches à accomplir, focalisant celles qui m’entraînent dans d’autres questions, ouvrant le registre des infinies interrogations.
Où est donc passé cet appétit si soudain qui m’a pris il y a trois semaines ? Enfui, dans les mondes des possibles délaissés, dans ces limbes où leurs ondes seront à jamais vibrantes mais oubliées. Qu’a-t-il fallu de spécial pour que cette transe vrombisse en moi ? Un peu de sport, du canoë, où, sans être excellent, je n’étais pas mauvais, ma compagne sur le bateau, jolie, intéressante, avec qui j’ai pu discuter, une journée loin des habitudes, l’inconscient d’un avenir de réussites professionnels redorant, pour moi seul, le blason de mon statut social au sein de l’entreprise, une journée ensoleillée, une journée durant laquelle j’ai coupé mon portable, non pas qu’il sonne souvent, mais que je ne l’avais pas fait plus de deux heures d’affiler depuis bien longtemps. Des raisons personnelles, j’en ai mille et toutes conjuguées, elles ont fait monter en moi cette énergie qui perce l’armure de nos corps. Est-ce que je les étudie une à une ? Plus tard. Elle ne m’aurait pas parlé, elle s’en serait allée avec les images de la beauté intouchable. Elle m’a parlé, pris en traître sur les possibles de ma vie, les enchères sont montées dans mon esprit, brouillant mes cartes, aspergeant de leurs brumes opaques la cohésion des mondes qui peuplent mon esprit, m’empêchant de prendre pieds dans cette réalité. L’enjeu. Voilà sur quoi je dois travailler : Ne pas se laisser impressionner par l’enjeu.
Il est temps de poursuivre cette journée, sans enjeu, sans cette énergie qui brille au fond de moi.
12 Juillet 2008 Histoire à suivre
Bonjour voilà un petit texte… à vous d’imaginer la suite… J’ai mis quatre exemples de fins en commentaire par ce que je n’ai pas envie de créer quatre liens pour que vous cliquiez pour découvrir des fins sans voir les autres. Bon le texte :
Assise en terrasse, la vue dégagée sur le front de mer, dans l’ombre de l’hôtel projetée sur la plage, elle laisse le temps s’écouler sur un moment de calme. Je la regarde depuis la chambre, à travers les portes vitrées. Ses jambes croisées suivent le lent rythme de « Sweet Jane », ses pieds réalisant des pointes dans son univers onirique en apesanteur ; ses chevilles, marquées par la contraction de cet exercice, se redessinent au doux rythme de la guitare ; le mollet, impudique, décrit ses allers-retours, en une lente danse hypnotique ; ses cuisses d’un équilibre parfait, font apparaître leurs gourmandes chaires ; la musique s’accélère et son bassin de décrire des cercles, relevant les courbes gracieuses de ses hanches, entraînant dans un mouvement reptilien sa colonne, avançant ou reculant sa poitrine au rythme de la musique et des vagues; sa tête dodeline, les cheveux caressant le haut de son dos, dévoilant à chaque passage un peu de sa nuque, sa tête s’incline portée par une douce extase d’un moment de calme, révélant la courbe majestueuse de sa mâchoire, la tension de son cou, ses lèvres poussant le râle de la chanson, dans un silence interstellaire. Elle porte la tasse de café sur le bord de ses lèvres, ses yeux toujours fermés sur ses souvenirs, dans son monde empli de cette joie de l’accomplissement, profitant de cet instant cotonneux et ouaté. Elle ouvre subitement les yeux, se dresse, son corps décrivant une virgule, la chaise volant de deux bons mètres en arrière, la tasse prenant la trajectoire exactement opposée, se vidant en une larme noire de son contenu, un cri sort de son cou tendu, puis des paroles m’annoncent que son café est…
à suivre
09 Juillet 2008 Accalmie
Or donc en cette terre, le soleil vint réchauffer l’atmosphère, rappelant à mon bon souvenir, le teint rosé dont ma peau s’était parée, en ce sacro-saint jour de renaissance. A l’extérieur, puisqu’il est maintenant interdit de fumer à l’intérieur, mon corps se ressourçait de cette bienveillante présence, tandis que mon esprit errait dans les limbes tissés par le voile de la cigarette, au milieu de son propre chantier neuronal, en phase de reconnections des câbles et de stockage de la mémoire tampon. Rien ne me venait à l’esprit, sinon cette agréable douceur, cette sensation d’un devoir de récupération d’une bourde poussé à la limite du rationnel et ce souvenir pénétrant d’une décision, qui ne fût hélas pas la bonne.
Me baignant sous les rayons, je pouvais voir mon intérieur se façonner, les connections s’établir. Les neurones de mon système qualité ayant bien repéré le problème de procédure s’activaient à la rédaction d’une instruction pour les actions futures ; ayant perdu le décompte des évolutions, ils s’activaient au décompte du nombre d’actes manqués de mon ancien moi. Tiens, là il y avait un bon mot, et il a été frustré de ne pas le sortir, et celui-ci est arrivé trop tard. Ca moulinait là-dedans, mais sans créer de perturbations en surface ; Une accalmie pour réorganiser tout ce fatras, cette ruine qu’était devenu mon cerveau. En fait de ruine, il s’agissait plutôt d’un champs de bataille dans lequel toutes les cartes, les options avaient été analysées, brouillonnées, froissées, jetées. La révolte s’était emparée de ces neurones anarcho-non-syndiqués, qui hurlaient au manque de respect des pulsions des autres cellules du corps et voulaient renverser les neurones qui temporisaient les décisions. Cette lutte fut faite de rage, de coups sournois, de destruction, puis des compromis furent trouvés, maintenant le pacte devait être matérialisé, sur la bouillie laissée par ces affrontements. Certains ANS cherchant dans les options jetées, des parcelles de souvenir, de solutions oubliées, mais les gardes les stoppaient devant certaines idées saugrenues qui vaquaient ça et là.
« Trouver un moyen de passer à la télé », « Placarder un 4×3 sur le fronton de la gare », « Décorer les piliers de ma photo », « Sonner à toutes les portes de Paris, puis d’Île de France », …
Que de possibilités non explorées…
La cigarette finie, je rentrais ce corps troublé, masquant mes pensées à ceux que je pouvais croiser, pour me lancer dans les tâches habituelles d’une journée ordinaire, loin d’un rêve, loin d’un fantasme, loin d’un moi, héros sur lui-même… Le calme avant une nouvelle tempête ?
Allez j’arrête pour cette semaine, ça ira mieux après… avec plus de délires, plus de joies, plus de vie.
07 Juillet 2008 fin
Journée maussade. Le rêve s’enfuit, la réalité reprend ses droits, le travail devient mécanique et rien ne transcende plus mon esprit. Le stand-bye. J’ai passé quinze jours à remarquer les visages des femmes se porter sur moi, jamais celle que je cherchais, mais les énergies de ces regards perçaient cette armure d’indifférence et fouettaient mon corps de décharges revigorantes. Depuis samedi, le doute s’est réinstallé et a repris ses droits. Je pense que je ne dégage plus la même assurance, que je ne dégage plus la même énergie; les regards se sont éteints, dans l’attente d’un nouveau stimulus. Comme dans une valse des évènements, les connections sur le blog ont rechuté, le temps est revenu à la pluie…
Pas de choses drôle à raconter ce soir, alors à bientôt !
Merci à ceux qui m’ont soutenu, merci à wiktionnaire pour les mots surlesquels je butai.
