22 juin 2008 trop timide à Saint-lazare
J’ai fait ce blog et ce texte pour évacuer les émotions de ce week end je pense que j’en avais besoin.
Donc, dimanche, je m’en fus faire du canoë avec des collègues d’une autre société du groupe. Tout s’est bien passé, à part quelques coups de soleil, notamment sur les genoux (j’abrège sciemment cette partie, qui est peu utile pour la suite et qui pourrait durer des années à narrer)
Pour moi le retour fut d’une étrangeté qui me laisse encore pantois devant ma condition misérable.
Pour mon retour sur Panam, un collègue me déposat à la gare de Vernon.
Un train était à quai, vraisemblablement sujet à un incident technique car cet arrêt était fortement prolongé.
Je me dirigeai donc vers une borne pour réserver mon billet lorsque mon ouïe capta la conversation entre deux agents de la SNCF durant laquelle j’appris que le train avant celui à quai, avait été outrageusement caillassé par des délinquants et que les forces de l’ordre sécurisaient le trajet tandis que d’autres agents de la SNCF déblayaient les voies. Mon billet imprimé et composté, je me dirigeai donc dans le-dit train qui avait pour terminus Paris et montai prestement dedans suite à l’annonce d’un départ imminent par le chef de quai.
Surprise, le wagon était bondé, débordant de monde dans les allées. J’en fus donc quitte pour m’installer dans une zone entre les compartiments et le soufflet interwagon entouré de six personnes.
Mon regard fut tout de suite attiré par une personne de sexe féminin, brune, visage ennivrant, une gamine de quatre à six ans entre ses jambes, non pas pour des activités amorales, mais pour le confort de son enfant. Hélas, la fatigue de cette journée, les rougeurs des coups de soleil sur mes bras, mais surtout la sensation de rayonnement au niveau de mes genoux pour les mêmes raisons m’ont contraint à ne pas réaliser, dans un premier temps trop d’effort. Je fermai donc mes yeux dans une tentative de vaine réconciliation entre mon corps et le besoin de sommeil.
Puis le train de se mettre en branle et la gamine de commencer à s’agiter par une demande auprès de sa mère d’apprendre les chansons qu’elle avait eu en devoir scolaire. Sa mère, la ravissante dame donc, qui avait déjà imprimé ma rétine et dont l’image continuait d’irradier dans mon cerveau malgré la fermeture de mes yeux, après une inutile tentative auprès de sa fille de lui faire comprendre que cela pouvait déranger les gens, céda. Comptines pour enfant qui me firent lever la tête dans le but de faire comprendre d’un regard mon assentiment quand au fait que la fille pouvait chanter. Premier croisement de regard fatal entre la mère et moi même, court mais intense, se terminant par un sourire complice.
La suite du trajet fut une succession d’échanges de regards, de sourires avec celle que je nommais alors en mon fort intérieur, Hiroshima, tant sa présence avait détruit nombre de neurones dans mon cerveau, tant sa bombe irradiait sans fin dans ma tête, tant je me sentais soumis à une emprise que je n’avais que peu subit depuis de nombreuses années. Tout en elle semblait, et semble toujours, magique ; ses mains, ses jambes, son visage, ses bras, le tout sans maquillage… et sa voix, ensorcelante, ni roque, ni aigüe, agréable au possible… et sa façon de parler avec sa fille, lui expliquant les choses calmement, posément…
Arrivé à Saint Lazare, je me suis trahi, je me suis retrouvé face à moi-même, face à mes doutes, face au néant qui comble mon esprit. On se lève pour préparer la descente, un sourire puis voilà qu’Hiroshima se tourne vers moi et me dit “Vous avez pris de sacrés coups de soleil”. Avait-elle réfléchi à une phrase pour se présenter, pour briser la glace de l’indifférence et pour affronter le vide de l’ignorance ? J’en fus emballé, prisonnié, troublé… et ma réponse de sonner un peu comme un “ha! ça, je le sais!” et de me retouver incapable de poursuivre, de débloquer mon cerveau pour continuer la conversation… Je me suis trahi, je me suis retrouvé faible…
Marchant sur les quais, j’ai fait mouliner mon cerveau à la recherche de quelque phrase qui pourrait me donner une chance de la revoir. Rien, le vide, le néant…
Et de rentrer chez moi seul, me maudissant de cette faiblesse.
Que faire, je ne vais pas passer mes dimanches de dix-heure à vingt heures à Saint Lazare, juste pour la revoir ? Je suis paumé, autant parce que je n’ai pas de moyen de la retrouver, autant parce que ce genre de situation n’est pas prêt de se représenter, autant parce que je n’ai pas assuré.
Le fruit de mes envies était à cueillir mais mon esprit avait les bras trop court.